A la recherche du bien-être ou du bien-faire ?

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Le yoga arrive en occident et partout où il se développe, les cours de vinyasa, flow et autres power yoga sont pleins à craquer. Ici à Bali un commentaire appréciateur après un cours est souvent celui-ci ; «  c’était bien j’ai bien transpiré,ça m’a vidé la tête ». Passer un agréable moment sur le tapis est une première approche et c’est bon pour la santé de bouger son corps et de le rendre plus mobile . Pourtant il est tout a fait possible de se trouver dans un studio bondé, de réussir un équilibre sur les mains et malgré tout de ne pas faire de yoga. Pourquoi ?

  1. Il n y a pas de yoga sans concentration du mental

Sinon ça s’appelle du stretching ! C’est la différence, durant une séance de yoga, on dirige et ressent l’énergie, et le GPS c’est le mental. Nous pouvons très bien réaliser un asana de la « collection yoga » et juste nous étirer en pensant à la séance cinéma prévue ce soir. Certes nous bénéficions toujours des effets « santé » de la posture mais si nous allions plus loin ?
Les asanas viennent d’une pratique intuitive et « chamanique ». Ils répondent a la loi de correspondance entre notre monde intérieur et l’univers. Nous sommes capables de générer certaines énergies de l’intérieur mais aussi d’en recevoir de l’extérieur. Pratiquer un asana c’est un peu se transformer en antenne. Par exemple tous les asanas ou le périnée est proche ou en contact avec la terre sont des postures d’ancrage. Ce carrefour de méridiens où chakra-racine est propice à l’absorption de l’énergie tellurique, ce courant « électrique » qui circule à travers la croûte terrestre et nous « recharge » comme une batterie.

2. Le yoga vise la connaissance de soi

Il n y a pas de yoga sans concentration du mental

La forme est juste un prétexte pour ressentir le fond. Chaque posture , si nous nous concentrons, génère des sensations, des émotions, du rejet parfois. Le yoga commence réellement quand vous voulez sortir de la posture. Le premier facteur qui autorise cette expérience est le temps. A bouger trop vite d’une forme à l’autre, le corps devient objet. Il se « conforme » à une attente où « le faire » prend le pas sur le ressentir. De nombreuses pauses sont nécessaires pour « digérer » une technique. Et c’est la, quand on s’autorise a ne rien faire que la magie opère.

Le deuxième facteur qui permet le voyage intérieur est de fermer les yeux le plus souvent possible. 80 % des informations reçues entrent par la vue. Imaginez le potentiel de votre regard intérieur une fois les paupières clauses.Globalement toutes les distractions qui donnent « à manger » à notre mental ; un professeur qui ne laisse pas de silence, de la musique tout au long du cours, et de l’effort physique a outrance avec toute la concentration dans la douleur musculaire, nous éloignent de notre univers interne.

3. Le yoga est une pratique spirituelle

Le yoga est une pratique spirituelle

Ou si vous préférez le yoga est un outil d’évolution. Il n’y a pas vraiment d’évolution dans notre zone de confort. Toute réaction chimique nécessite un certain chaos avant que les éléments se réorganisent, c’est le processus de transformation.Les personne adeptes de cours de yoga très physiques argumentent : « J’aime me surpasser, j aime le défi de nouvelles pauses plus engagées. Quand je transpire je me vide l’esprit. » Et je les comprends très bien.

Pourquoi ? Parce que je suis une personne de constitution Pita selon l’ ayurveda (medecine indienne traditionnelle) . Les personnes de type pita aiment l’effort physique plus que tout. Alors bien sur, dans cet effort il y a de la nouveauté et du défi mais devinez quoi ? C’est le type d’épreuves recherchée par les personnes de type pita  ; l’effort physique avec une idée de compétition, si ce n’est avec les autres au moins avec eux-même, est leur moteur naturel.Elles seraient beaucoup moins a l’aise pour pratiquer un yoga plus statique où on tient les postures plus longtemps, comme le yin yoga par exemple. Leur véritable défi serait plutôt de cesser de « trop faire » leur pratique pour mieux la recevoir, avec tout ce que ça comporte en terme d’agacements du mental non compensés par le mouvement du corps.

La première fois que j ai pratiqué un yoga lent basé sur la concentration, je voulais hurler au prof « c’est bon la, on change » mais ce n’était pas possible. Alors au bout de 2 jours de pratique intensive, je me suis évanouie ! J ai du rester une journée à ne rien faire, ce qui ne m’arrivait jamais. Et le jour d’ après j ai vécu une expansion incroyable, j’ai ressenti une forte énergie en moi, vive mais sereine, alors que j étais assez fatiguée et contrariée à ce moment la. Alors j ai décidé d’étudier d’abord ce yoga, très traditionnel, répétitif et statique, d’explorer ce territoire inconnu pour finalement mieux me connaitre. Il reste la base la plus solide et la plus profonde de mon enseignement aujourd’hui.

4. Le yoga véhicule certaine valeurs.

Dans un monde plein de stimulations extérieures où tout le monde court après le temps, l’argent, l’amour… les gens se sentent de plus en plus isolés et la consommation d’antidépresseurs augmente dans tous les pays occidentaux. Le yoga est sorti d’Inde pour nous apprendre que notre richesse la plus grande est à l’intérieur, si on prend le temps de la découvrir. A nous de le recevoir pour retrouver notre essence profonde et de ne pas laisser le consumérisme ambiant et l’ obsession de la performance le déformer. Le meilleur yogi dans la salle n’est pas forcement celui qui poste les plus belles postures sur facebook.
C’est peut-être une personne discrète, avec un corps qui ne lui permet pas de se mettre en équilibre sur les mains, une personne qui respire profondément, observe sans juger, profite du voyage mais se moque bien de la destination.

Et vous qu’en pensez vous ? D’accord, pas d’accord ? Faites en nous part dans les commentaires.

 

 

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