Ce que m’a appris le Yoga ! Récit d’une initiation.

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Mazunte, le nom me plaisait bien, il résonnait à mes oreilles comme la promesse d’un lieu propice aux découvertes et à la douceur de vivre.
Mazunte, un petit nom chantant qui donne envie d’aller voir ce qui se cache derrière. Cela faisait trois mois que je me promenais entre Mexique et Guatemala. Une année « off » une année de tous les possibles, avec pour un seul mot d’ordre : « the plan is no plan » ! Après 4 ans à enseigner en France, avec une vie rythmée par les emplois du temps et les vacances scolaires, je désirais expérimenter l’inattendu.

Que se passe-t-il quand on oublie de prévoir les choses, et que l’on accepte de simplement se laisser porter par le flot de la vie ?

Vu de la plage de San-agustinillo depuis le hall de yoga.

Vue de la plage de San-agustinillo depuis le hall de yoga.

Et bien il se passe que l’on débarque à Mazunte, au petit matin avec les premiers rayons du soleil, et trois mexicains venus camper là pour le week –end, qu’on se jette dans les rouleaux de l’océan Pacifique, puis qu’on s’allonge sur une plage de sable fin bordée de palmiers pour sécher et finir de regarder le soleil se lever, tout en se félicitant d’avoir répondu à l’appel de ce petit nom chantant; Mazunte, qui décidément semblait bien tenir ses promesses.

Et puis à Mazunte, j’allais pouvoir une fois de plus expérimenter la formule « couch-surfing ». Le principe, des particuliers vous accueillent chez eux pour une ou deux nuits sans rien vous demander en échange, la prise de contact se fait via le site internet du même nom.

Bref cette fois ci j’allais être accueilli non pas par un particulier, mais dans un centre de yoga. L’annonce stipulait qu’on ne pouvait rester qu’une seule nuit, et participer gratuitement à une journée de cours. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais ma foi, j’étais assez curieuse de voir tout ça.

J’étais alors bien loin de me douter que j’allais en fait rester quatre mois dans ce centre de yoga, et que j’étais sur le point de commencer un apprentissage qui allait transformer ma façon d’aborder la vie.

« Inhale, exhale, calm your mind » le cours est en anglais, devant nous Yogita, sereine et radieuse, tout habillée de blanc nous invite d’une voix douce, mais ferme, à suivre les exercices et postures. Les phrases rituelles que nous connaissons désormais par cœur nous entrainent durant 1.30h dans une danse du corps et de l’esprit. Nous immobilisons notre corps et nos pensées dans des postures plus ou moins confortables . Nous prenons doucement conscience de ce qui se cache à l’intérieur de nous et que nous n’avons jamais pris le temps d’écouter. Cela fait maintenant 15 jours que je suis à Mazunte.

Plus qu’un cours, ce que propose le centre où je suis est un cycle intensif d’un mois de découverte du yoga le « level one intensif » comme il l’appelle ici. Et devinez quoi, je suis justement arrivée le premier jour de ce cycle. Si ça c’est pas de la chance !

Sans vraiment en prendre la décision, je suis donc restée. J’ai loué une petite chambre dans le village et je travail même deux heures par jour pour le centre en échange d’une réduction sur les cours.

Nous sommes un petit groupe à nous retrouver tous les jours, pour les deux cours de yoga, matin et après-midi, et la leçon du soir, qui aborde un thème en lien avec l’histoire du yoga et les codes moraux des yogis.

Chaque jour, nous apprenons une nouvelle posture (un asana) et tous les bienfaits physiques et énergétiques qu’il procure, car oui, ici yoga rime avec chakras.
Jour après jour nous plongeons dans le monde subtile de l’énergie du corps, nous écoutons l’intérieur, nous le visitons, nous en prenons conscience. Jour après jour, ce corps que nous pensions si bien connaître se dévoile, s’ouvre et nous livre ses secrets. Nous abordons une autre vision du corps. Nous ne sommes pas ce corps, nous l’habitons il ne nous définit pas, nous sommes bien plus que cela. Mais alors qui/que sommes nous ? Comment peut-on se définir ? Si ce n’est pas par notre corps, cela doit être par notre esprit ?

C’est alors que la méditation intervient, à force d’observer nos pensées, nous nous en détachons, nous prenons conscience du manque de contrôle que nous avons sur elles. L’exercice est simple essayez de vous concentrer sur une chose quelconque pendant 5 min. Ca ne manque jamais, au bout d’une trentaine de seconde, voilà l’esprit qui s’anime et nous détourne de la mission que nous nous étions assignée : « est-ce que j’ai bien fermé la porte avant de partir ? Il faudra que je rachète du dissolvant, ha oui et du lait, d’ailleurs je passerai aussi au café Internet envoyer un mail, et voir si Anna m’a répondu, quand même elle exagère… » Et voilà la machine infernale de l’esprit s’est mise en route sans que vous lui ayez demandé quoi que ce soit, sans le vouloir, sans même en prendre conscience. Alors qui la commande, qui la dirige, qui la mise en route ? Peut se définir par quelque chose que l’on ne maîtrise pas ?

Beaucoup de questions se mélangent. Si nous faisons le bilan, notre corps n’est qu’une enveloppe dans lequel nous vivons, nous somme traversés par des flux d’énergie, chacun émanant d’un chakra, influent sur notre état, nous ne contrôlons pas notre esprit qui nous asseye de pensées sans qu’on lui ait rien demandé, ne sommes ni notre corps ni notre esprit, cela commence à faire beaucoup ! Nous entrons dans une quête de vérité, dans la mystère de notre véritable nature.

Après cette phase de découverte et d’étonnement, de questionnement, vient la de prise de conscience.

Et c’est alors là que commence le véritable apprentissage, une fois que nous avons pris des distances avec notre corps et notre esprit que nous avons appris à écouter l’intérieur. Nous sommes alors prêts à rencontrer la part de divin qui est en nous, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Les élèves écoutent avec attention après une journée de pratique.
Les élèves écoutent avec attention après une intense journée de pratique.

Quand l’esprit ce tait, et que le corps s’ouvre et se livre, on découvre alors un état d’être, une lumière en nous, une force bienveillante, certain l’appel dieu, d’autre l’amour inconditionnel, peu importe ce qui est sur c’est qu’elle émane de nous. Nous l’avions déjà rencontré, lors de moment de bonheur, de joie, nous l’avion pris pour une émotion qui passe et s’en va, mais jamais nous n’avions pris conscience que cet état d’être, cet lumière, cet amour étant en fait notre nature la plus profonde, qui s’exprimait, que nous avions découvert, au premier sens du terme, dégager de ce qui la couvrait. Puis, nous l’avions laissé retomber dans nos profondeurs jusqu’à la prochaine fois.

A ce moment là tout change, et pourtant nous sommes toujours les mêmes, nous avons simplement pris conscience que cet indéfinissable, ce tout, réside en nous, et qu’il suffit de le désigner comme maître, comme guide, de s’y abandonner pour connaître le bonheur et l’amour. Car n’est ce pas là ce que nous recherchons dans la vie ? Il n’y a qu’a voir les murs du métro parisien, recouverts d’affiches ventant les services d’un site de rencontre, promettant comme les diseuses de bonne aventure d’antan le bonheur et l’amour, pour comprendre que c’est bien un enjeu principal dans nos vies.

Et bien voilà ce que nous avons découvert avec le yoga, une porte d’accès vers notre être le plus profond, vers notre part de divin, notre source d’amour et de lumière. Et quand on a compris cela, quand on la ressenti au plus profond de soi comme une vérité, on dispose alors d’un formidable outils pour traverser tous les moments de la vie.

Cela parait trop beau ou trop simple pour être vrai me direz vous, et vous avez raison. Oui dans le monde d’aujourd’hui, comme dans celui d’hier, il est bien difficile de faire remonter à la surface ce/cet force/amour/tout/indéfinissable/dieu/vérité intérieur (choisissez le nom qui vous convient). Notre vie d’humain ne semble pas propice à trouver une paix et une tranquillité d’esprit suffisamment profonde pour libérer notre force/amour/tout/indéfinissable/dieu/ vérité intérieur. Nos rapports sociaux, nos besoins, nos peurs, nos envies, nos émotions, nos chagrins, notre esprit prennent la pas sur tout cela et nous dirigent nous éloignant de notre fort intérieur, l’enfouissant, et ne le laissant refaire surface qu’à de rares moments.

Alors à la fin du « level one intensive» à Mazunte, j’ai su que, sans le savoir, c’était cette incroyable leçon de vie que j’étais venue chercher. Plein de reconnaissance pour la vie qui m’avait menée là, je me suis sentie comme chargée d’une mission, celle de vivre en utilisant mes pensés et mon corps comme les outils qu’ils sont et de me laisser guider par mon fort intérieur.

Deux ans plus tard, ce message est resté bien ancré en moi. Bien sur je ne suis pas devenue irréprochable, et je ne nage pas dans le bonheur et l’amour tous les jours. Bien sur, j’oublie souvent que mon seul guide devrait être cette force d’amour qui est en moi (ceux qui y arrivent sont des saints).Mais régulièrement, je prends un moment pour revenir à l’intérieur, pour reprendre conscience de cette force, et je me laisse inspirer par elle pour résoudre toutes sortes de situations.

Je sais aussi qu’il faut être vigilant pour ne pas la laisser retomber dans l’oubli, et qu’il me faut la cultiver pour la faire grandir et s’épanouir.
Mais cela me va, quel plus beau défi que celui ci pour donner un sens à son existence ?

Bertille

Bertille.

Merci du fond du cœur à Bertille pour partager sa découverte du yoga avec nous par ce touchant récit. Nous lui souhaitons une bonne continuation dans sa quête de sagesse.
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