L. a. face cachée de Sogyal Rinpoché

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Sogyal Rinpoché, lama tibétain de renommée mondiale, vient d’achever une retraite de quatre jours à Paris. Destinés à initier les Occidentaux à l. a. pratique de l. a. méditation, les enseignements de ce maitre tibétain connaissent un vif succès. Pourtant, les rumeurs sur l. a. légitimité du personnage ne cessent de croître : le gourou entretiendrait des members of the family à l. a. limite de l’abus de pouvoir avec ses disciples les plus proches. Reportage à Lerab Ling, dans le most important centre de retraites Sogyal Rinpoché.

«Sogyal Rinpoché en personne, tu te rends compte ? » « Je l’ai déjà vu une fois pendant une conférence à Amsterdam, mais de loin » « Une semaine entière avec lui… Je me sens tellement privilégiée.» Dans le luxueux temple bouddhiste de Lerab Ling, niché au coeur des Cévennes à Roqueredonde, l’excitation atteint son comble : l’arrivée du maître a été annoncée. Assis dans l. a. place du lotus – éminemment inconfortable pour quiconque ne pratique pas assidûment le yoga -, les disciples ont écouté patiemment le discours d’advent à cette retraite de méditation qui va les occuper pendant huit jours. Ils ont bien noté les règles à respecter : ne pas boire d’alcool, ne pas fumer, ne pas utiliser son téléphone transportable, et parler le moins conceivable. Sauf sur le parking du centre, où ces comportements de débauche sont autorisés. Maintenant, motion ! Les retraitants veulent voir leur gourou, en chair et en os.

Sogyal Rinpoché ? Un lama de renommée mondiale. Né au Tibet en 1947, il a été reconnu très jeune comme l. a. réincarnation d’un des maîtres du treizième dalaï-lama, ce qui impose le appreciate de l. a. communauté religieuse. Dès son arrivée en Europe, en 1971, il start à enseigner les rudiments du bouddhisme tibétain aux Occidentaux. En plein rejet du christianisme, l. a. génération hippie se passionne pour cette forme de spiritualité exotique.

Esprit moderne, corps tibétain

Obèse mais énergique, le petit homme prend de l’envergure, jusqu’à fonder le centre de Lerab Ling. Le temple, modèle d’structure bling-bling en pleine nature, est inauguré en grande pompe par le dalaï-lama en 2008, en présence de Carla Bruni-Sarkozy, Rama Yade et Bernard Kouchner. Il accueille aujourd’hui de 2 000 à 3 000 retraitants chaque année. L. a. brochure de promotion dit de Sogyal Rinpoché qu’il a un « don remarquable pour réunir plus de deux mille cinq cents ans de sagesse et d’expérience bouddhistes d’une manière authentique, obtainable, et tout à fait pertinente pour le monde d’aujourd’hui ». Un esprit moderne dans un corps tibétain (ou l’inverse) : le gourou fait mouche chez les Européens en quête de sens. Il est aussi l’autorité spirituelle de l’affiliation Rigpa qui rassemble 130 centres bouddhistes dans 41 will pay du monde, et l&rrsquo;auteur du Livre tibétain de l. a. vie et de l. a. mort, vendu à plus de 2 tens of millions d’exemplaires dans le monde. Autant dire que Sogyal Rinpoché est à l’novice de nourriture spirituelle ce que Girl Gaga est au fan de musique pop : une celebrity. Mais sa notoriété et le succès que rencontrent les retraites n’empêchent pas les rumeurs persistantes sur l. a. légitimité du personnage. Rinpoché ne serait pas le véritable auteur de l’ouvrage qui a fait sa renommée, et surtout, il entretiendrait des members of the family à l. a. limite de l’abus de pouvoir avec ses disciples les plus proches (lire plus bas)…

Mais, en ce mois de juillet 2011, les 500 personnes inscrites à l. a. traditionnelle retraite estivale de Lerab Ling ont d’autres préoccupations. Venues d’Italie, des Can pay-Bas, d’Allemagne, d’Angleterre ou de France, toutes ont délaissé les plages et l’apéro au rosé pour s’isoler huit jours dans l’espoir de découvrir les secrets and techniques de l. a. méditation.

On compte bien dans l’assemblée un hippie quinqua et deux ados gothiques, mais l’essentiel est constitué de gens « ordinaires », venus seuls, en couple ou en famille. Unis par l’originalité de leur démarche, les members ont le bon goût de ne pas se taper dessus quand les précieux coussins, indispensables pour tenir des heures assis en tailleur, viennent à manquer.

Ceux qui en avaient discrètement empilé cinq sous leur postérieur ne rechignent pas longtemps à les céder à leur voisin : l’essentiel, après tout, est d’être en place de voir le gourou. Les architectes du temple ont prévu le coup en disséminant des écrans plats un peu partout dans l. a. salle. Des interprètes se chargent de traduire les discours de l’anglais syncopé de Sogyal Rinpoché (« Is dat transparent ? D’you undeustand ? ») dans les différentes langues des retraitants.

Humiliations publiques

Quand le maître apparaît enfin sur l’estrade dans sa gown orange, comme il le fera chaque jour aux alentours de midi, les 500 groupies se lèvent comme un seul homme. Les plus zélés entament même une prosternation bouddhiste (genoux, ventre et entrance à terre) difficile à mener à bien, chacun disposant d’un espace limité aux dimensions de son coussin. Sogyal Rinpoché, c’est 1 m3 de natural sagesse : ça s’accueille dignement. « Il a les cheveux plus noirs que l. a. dernière fois, non ? » murmure une femme à son mari. Rinpoché, qui signifie en tibétain « le Très Précieux », prend effectivement soin de son apparence. Les cheveux blancs, c’est un charme dont il se passe.

Ce matin-là, dans le temple à l. a. décoration surchargée, où domine un bouddha en or de 7 m de haut, le gourou pointe d’un doigt agacé un grand portrait de maître placé derrière lui. «Qu’est-ce qu’elle fait là, cette photograph ? » demande-t-il sèchement à ses assistants. S’ensuivent vingt mins de mise au level et de brimades, alors que nonnes et disciples s’agitent en tous sens pour déplacer l. a. photograph. Au fil des « enseignements » dispensés chaque jour, ces scènes deviendront vite habituelles : loin du calme détachement du dalaï-lama, le chef spirituel du temple de Lerab Ling s’énerve, se moque et engueule ses collaborateurs. Qui pour une photograph, qui pour un verre tombé, qui pour une porte mal fermée. L’exercice prend parfois des allures d’humiliation publique. « Faites-moi penser à investir dans un dress et une coupe de cheveux pour lui », dira-t-il à propos d’un de ses disciples, déclenchant l’hilarité de l. a. salle.

Un Lama qui aime les stars. Ici avec Richard Gere et Joan Halifax en 1985
Un Lama qui aime les stars. Ici avec Richard Gere et Joan Halifax en 1985

De quoi rendre perplexes certains élèves. Laura, une Française de 31 ans, s’interroge : « Je n’arrive pas à faire le lien entre le Livre tibétain de l. a. vie et de l. a. mort, qui m’a bouleversée, et le personnage que je viens de découvrir ». Les « nouveaux » se rejoignent tous sur un level : pourquoi diable le maître s’acharne-t-il sur ses assistants qui se plient en quatre pour le servir ? « C’est vrai que cela peut surprendre, reconnaît Jack*, l’un des animateurs, un Américain qui essuie au moins 10 blagues par jour de l. a. phase du gourou. Mais c’est un enseignement. Si vous ne comprenez pas, c’est le however ! C’est pour casser vos ideas et vos habitudes ». Soit. Les retraitants ne se découragent pas pour si peu, et ils continuent à se lever de bonne grâce pour être à 9 heures pétantes dans le temple, prêts à recevoir l. a. bonne parole.

L’épreuve du feu pour tester l. a. volonté des disciples de casser tous leurs ideas se présente le troisième jour. Sans doute encouragé par le climat de compassion qui règne à Lerab Ling, un Néerlandais d’une quarantaine d’années juge le second opportun pour se confesser devant le maître, et accessoirement devant les centaines de personnes également présentes dans le temple. L’homme prend l. a. parole pour évoquer ses problèmes conjugaux, et l. a. manière dont sa femme lui hurle dessus à toute instance. Le gourou se lance alors dans un véritable display : « Avez-vous essayé de l’interrompre en l’embrassant ? Ou en lui faisant l’amour passionnément ? Non ? Et sinon, avez-vous essayé de prendre des cours de karaté ? » Le succès est immédiat, les retraitants se tapent sur les cuisses. « Vous êtes néerlandais ? Ce sont les pires. Peut-être que votre femme a raison de dire que vous ne savez pas communiquer ! Avez-vous essayé de lui dire simplement : « Jawohl, jawohl, mein Führer » ?» L. a. salle s’étrangle de rire devant ces conseils illuminés de sagesse.

Mais l. a. séance prend un excursion inattendu quand l’homme se met à raconter ce qui suscite le courroux de sa femme : « J’ai travaillé pendant vingt-cinq ans avec des enfants handicapés mentaux. Un jour, j’ai abusé de ma place avec l’un d’eux ». Frémissement dans l’auditoire. « Je l’ai dit à ma femme, et c’est pour ça qu’elle fait peser une pression horrible sur moi, elle a toujours peur que je fasse quelque selected à notre fille de 4 ans ». Devant le manque d’ouverture d’esprit manifeste de l’épouse, le maître choisit le silence. Il start à être à courtroom de blagues. « Un jour, elle a dû partir quelques jours. J’ai fait couler un bain pour ma fille et moi… L’eau était trop chaude, j’ai ecu une sorte de malaise : je pouvais entendre et voir, mais je ne pouvais pas bouger. Et c’est là que ma fille m’a sucé ». L. a. salle est muette, interdite. Sogyal Rinpoché reprend l. a. parole : « C’est très courageux de le dire devant tout le monde ». Des applaudissements compatissants viennent saluer l’aveu de ces deux crimes pédophiles.

Le soir, on annonce que le « monsieur ayant tenu des propos provocants » a quitté l. a. retraite et que « des gens compétents s’en occupent ». Le sujet divise les retraitants et alimente toutes les conversations. Les plus anciens élèves viennent voir les nouveaux, pour discuter avec eux du « mouvement de colère » que l’épisode soulève chez certains. « C’est intéressant que tu réagisses de manière aussi virulente, estime une disciple confirmée d’une soixantaine d’années, en s’adressant à une jeune femme en larmes. – Pour moi, c’est stupéfiant que ça te laisse aussi indifférente », lui répond-elle. Dès le lendemain cependant, l’épisode du « Néerlandais aux propos provocants » est enterré.

Silence, le gourou pète !

Le temple de Lerab Ling en Dordogne.Encore cinq jours à tenir. Chacun se recentre sur son objectif : apprivoiser l’esprit qui s’échine à nous rendre malheureux, réveiller le bouddha qui sommeille en nous. Pour l’atteindre, une seule answer : suivre le maître. 

Les retraitants apprennent bien vite que tout ce que fait ou dit Rinpoché est un educating, un « enseignement ». Personne n’a de mal à le comprendre quand il évoque avec beaucoup de clarté les principes de base de l. a. méditation. Les élèves, enchantés, commencent à toucher du doigt le calme que procure l. a. pratique du « repos de l’esprit », et c’est bien pour cela qu’ils sont venus.

Mais c’est beaucoup moins évident quand le gourou se transforme en incarnation tibétaine de Jean-Marie Bigard et se met à imiter le bruit d’un puppy ou à disserter sur les vibromasseurs. Ou quand il passe l. a. moitié de l. a. consultation à rabrouer son équipe parce que son gratte-dos n’est pas en position. Pendant le déjeuner, les retraitants échangent leurs impressions.

Le conseil dispensé par les disciples confirmés est limpide : il ne faut surtout pas entrer en « résistance » avec les enseignements. Seule l. a. « dévotion » de l’élève permet d’atteindre une authentique « connexion » avec Rinpoché. C’est lui-même qui l’explique le plus clairement : « Suivez les enseignements, ne réfléchissez pas trop. Je suis votre boss, je suis votre maître, votre rôle est de me suivre ». Au début de l. a. semaine, l’accessory était mis sur l. a. conversation ; mais à partir du quatrième jour, le gourou exchange d’avis et suggest de supprimer les ateliers de dialogue de l’après-midi qui, selon lui, ne servent à rien.

On conseille au néophyte en quête d’éveil de ne pas trop poser de questions, mais plutôt de regarder le visage du maître quand il médite, d’écouter sa voix qui a des « pouvoirs spéciaux » et de prier pour lui quand il n’est pas dans son assiette. Sogyal Rinpoché promet que l. a. method a fait ses preuves. Il raconte remark certains de ses élèves ont guéri du most cancers ou retrouvé l. a. vue grâce à l. a. power de leur « connexion ». Motivés, l. a. plupart des retraitants suivent ces conseils avisés. Après tout, ils ont bien l’aim de tirer un most de bénéfices de l’expérience : ils ont payé pour ça.

Money system

Les plus jeunes et les plus fauchés (souvent les mêmes) ont déboursé 500€.Pour cette somme, ils ont accès aux enseignements, aux repas (légumes avec accompagnement de… légumes), et sont autorisés à planter leur tente dans l. a. forêt. Il y a beaucoup de moustiques, et l. a. distance qui sépare les dernières tentes du bloc sanitaire transforme toute envie nocturne en véritable expédition. Par ailleurs, les tempêtes à répétition et les températures autour de 7 °C (le centre est perché à 850 m d’altitude) ont fini par faire craquer les plus vaillants.

Au sixième jour, une Française se jetait en travers du chemin de Sogyal Rinpoché pour implorer de dormir dans un endroit sec. Son geste désespéré et ses cernes sous les yeux ont convaincu le maître, qui lui a affecté un chalet privé pour l. a. nuit suivante. Au grand dam de tous les autres campeurs qui ont amèrement regretté de ne pas avoir ecu l. a. même idée… ou de ne pas avoir rallongé l. a. facture de quelques centaines d’euros pour dormir dans un chalet.

Les retraitants doivent également s’acquitter d’une tâche quotidienne appelée « rota » pour participer à l. a. vie du temple. Les plus «avancés » sur le chemin spirituel n’hésitent pas à se dévouer au nettoyage des toilettes, les autres préfèrent donner un coup de primary à l. a. compta : 500€ minimal l. a. retraite multipliée par 2 000 ou 3 000 disciples, cela fait au bas mot de 1 à 1,5 million d’euros qui rentrent dans les caisses. Ils peuvent aussi aider l. a. boutique du centre.

C’est dans cette échoppe que l’on peut faire l’acquisition des ouvrages spirituels de référence et des pictures des grands maîtres. L’endroit offre également l’instance d’apprécier qu’on peut être bouddhiste sans être dépourvu d’un sens aigu du advertising : tasses Lerab Ling, coussins de méditation Lerab Ling et T-shirts « Osez l. a. méditation ! », on trouve de tout.

A l. a. fin de l. a. retraite, les members dépensent facilement 70€ pour rapporter chez eux un memento de cette semaine hors du temps pendant laquelle ils se sont consacrés, souvent avec quelque succès, à l&rsquorsquo;apaisement de leur esprit, en méditant plusieurs heures par jour et en écoutant en boucle le message du Bouddha. Ou plutôt celui de Sogyal Rinpoché, qui pourrait se résumer en deux mots : « Adulez-moi ».

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