Le grand maître Zen, Thich Nhat Hanh, hospitalisé pour une hémorragie cérébrale

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Ce mercredi 11 Novembre, le grand maitre Zen Thich Nhat Hanh, à été victime d’une violent hémorragie cérébrale a annoncé l’administration du village des pruniers.
Il serait actuellement en soin intensif mais resterait conscient de se qu’il se passe autour de lui. Il pourrait bouger les pieds et les mains, ce qui laisse l’espoir d’une complète rémission. Pour les moins optimistes le maître serait en fait mourant.
En raison de son grand age (88 ans) cela faisait plusieurs mois que son état de santé se détériorait, il avait d’ailleurs été hospitalisé brièvement au début du mois de Novembre.
Nous vous tiendrons au courant de l’évolution de l’état de santé de Thich Nhat Hanh.

Dernieres nouvelles du 30 Novembre 2014

Dans le communiqué du village des prunier il est précisé que:

« Thay continue de se reposer paisiblement avec le tic tac d’une petite horloge près de son oreiller. Nous pouvons sentir que Thay prends refuge dans sa profonde conscience de sa respiration, enracinée dans la conscience du tréfond, pour lui permettre la guérison. Même les docteurs sont surpris de la constance du niveau d’oxygène dans son sang. Vraiment, Thay est le meilleur en ce qui concerne la conscience de la respiration, nous inspirant à approfondir notre attention à notre respiration.  Thay continue de nous rappeler que chaque jour que nous sommes en vie est un miracle et que simplement pouvoir respirer est un cadeau.

Les derniers scanner ont montrés que l’hémorragie a un peu réduit en taille, L’oedème est encore présent mais ne s’est pas aggravé. Les docteurs se sont réunis pour ré-évaluer leur approche et pour voir comment mieux alimenter Thay. Thay continue de recevoir des soins 24h/24 de ses attendants monastiques et de l’équipe soignante. Nous sommes très reconnaissants de constater que dans l’équipe des neurologistes qui maintiennent le processus de guérison de Thay les coeurs et les esprits s’ouvrent. »

Qui est Thich nat Hanh?

Le vénérable Thich Nhat Hanh est né dans un village du centre du Vietnam en 1926. Attiré très tôt par le bouddhisme, il devient moine à l’âge de 16 ans dans la tradition zen. Quelques années plus tard, ses tentatives pour rénover le bouddhisme se heurtent à la hiérarchie conservatrice et il quitte son monastère pour s’installer avec quelques amis dans un temple abandonné de Saigon. Suivra une longue période studieuse et active au cours de laquelle il publie ses premiers écrits, fonde l’Institut d’études bouddhiques An Quang et crée des villages expérimentaux.

Thich Nhat Hanh et le Dalai-lama.

Thich Nhat Hanh et le Dalai-lama.

En 1961, il se rend pour la première fois aux Etats-Unis où il étudie les religions comparées à l’université de Princeton avant d’enseigner à Columbia. Son travail lui plaît, mais en 1963, la lutte s’intensifie entre le Nord et le Sud du Vietnam et il décide de rentrer pour oeuvrer à la réconciliation. Il retrouve un pays ravagé et commence à diriger un mouvement de résistance non-violente, fonde l’Ordre de l’inter-être et l’Église bouddhique unifiée. En 1964, il crée l’Ecole de la jeunesse pour le service social, une institution qui formera des milliers de volontaires pour porter secours aux victimes et reconstruire les villages bombardés. Il va aussi fonder l’université bouddhique Van Hanh et une maison d’édition, publier des romans, de la poésie et des pamphlets pacifistes, qui seront censurés.

En 1966, invité aux Etats-Unis et en Europe pour apporter son témoignage sur la guerre, il appelle à la cessation des combats. Il rencontrera des chefs d’Etat, le pape Paul VI, le ministre américain de la Défense Robert Mac Namara, le moine trappiste Thomas Merton, qui deviendra son ami et son frère spirituel, et surtout, le pasteur Martin Luther King. Ce dernier, frappé par sa gentillesse, son humilité et son engagement, le proposera en janvier 67 pour le prix Nobel de la paix. Contraint à l’exil en raison de ses activités, il obtient le droit d’asile en France, enseigne à la Sorbonne et préside la délégation bouddhiste lors des négociations devant aboutir aux accords de Paris en 1973.

Une fois la guerre terminée, il reste indésirable au Vietnam mais déterminé à poursuivre son oeuvre de paix : il rassemble des fonds pour les enfants sous-alimentés, constitue un réseau de travailleurs sociaux et organise dans le golfe de Siam des missions de sauvetage pour les boat-people menacés de naufrage ou d’agression. Voyant que ses effort ne peuvent aboutir, il se retire dans un petit ermitage près de Paris où il se consacre à la méditation, à l’écriture, au jardinage et à l’aide des réfugiés de guerre dans le monde.

Thich Nhat Hanh ici avec Martin Luther King

Thich Nhat Hanh ici avec Martin Luther King

En 1982, il s’installe dans le sud-ouest de la France et fonde une nouvelle communauté, le Village des Pruniers, qui est à la fois un monastère religieux et un centre de pratique pour les laïcs. Les conférences qu’il va donner la même année aux Etats-Unis suscitent un énorme enthousiasme. Impressionné par cet accueil, il décide de revenir l’année suivante et de conduire des retraites. Ce voyage marquera le début d’une nouvelle phase dans sa vie, où il devient en Occident comme en Orient l’inspirateur du bouddhisme engagé.

Thây, comme l’appellent affectueusement ses amis, enseigne le bouddhisme comme un art de vivre visant à la transformation et à la guérison. La pleine conscience est l’art de cultiver la paix et le bonheur, par l’éveil, la compréhension et l’amour. Une sorte de méditation en action qu’il rend accessible à tout un chacun, quelle que soit son origine ou sa foi, en mettant l’accent sur la pratique dans la vie quotidienne avec des moyens concrets comme la marche méditative, la respiration consciente ou le sourire.

La simplicité et la lucidité des ses propos, sa présence lumineuse, la douceur et la force incroyable qui se dégagent de sa personne commencent alors à attirer de nombreux disciples. Thich Nhat Hanh a ordonné depuis plus d’une centaine de moines et de moniales de toutes les nationalités, transmis les préceptes à des milliers de personnes et touché le coeur d’un vaste public par la clarté pleine de compassion de ses écrits. Il conduit chaque année des retraites qui s’adressent aux familles, aux éducateurs, aux vétérans, aux psychothérapeutes ou aux hommes d’affaires. et parcourt inlassablement le monde pour répandre la pratique, que ce soit en Europe, aux Etats-Unis, où il a fondé deux nouveaux monastères, l’un au Vermont et l’autre en Californie, ou en Asie, où il effectue régulièrement de longs voyages et espère contribuer à renouveler le bouddhisme.

Aujourd’hui, à plus de soixante-quinze ans, ce petit moine tout simple qui a su transformer les souffrances de l’histoire continue de semer des graines d’espérance en montrant à l’humanité le chemin à suivre pour le 21ème siècle. Par son action et sa pratique, par sa capacité à réconcilier recherche spirituelle et engagement dans le monde, Thich Nhat Hanh ne s’est pas contenté de rêver d’un monde meilleur pour les générations futures, il continue de planter des graines de paix et de réconciliation, contribue au dialogue inter-religieux et fait passer son message de justice sociale, en invitant à une prise de conscience mondiale et un engagement individuel de tous afin de construire un monde plus harmonieux, pour le bien de la famille humaine et de la terre.

Il est l’auteur de près de quatre-vingt livres, dont plus d’une une vingtaine publiés en français

Merci au site BuddhaChannel  pour la biographie.

Enseignement sur le bonheur et la souffrance donné au village des Pruniers en 2013.

Ici, un court reportage sur les chants et la musique au village des pruniers.

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