Le jour où j’ai donné du LSD à Maharajji

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En 1967, quand je suis arrivé en Inde pour la première fois, j’avais emmené avec moi une petite réserve de LSD en espérant rencontrer quelqu’un qui pourrait comprendre les effets de cette substance un peu mieux que nous ne le faisions en Occident.

Quelques jours après avoir rencontré Maharajji (Neem Karoli Baba), je compris qu’il était la personne que je cherchais. Le jour suivant, il m’appela et me demanda immédiatement : « Avez vous une question? »

Mais me retrouver en face de lui était une expérience si puissante, que j’avais totalement oublié la question que j’avais en tête la veille. Je répondis, un peu bête : « Non, Maharajji, je n’ai aucune question« . Il eu l’air un peu irrité et me dit, « Ou est le « médicament »? »

J’étais confus mais Bhagavan Dass qui était à coté de moi suggéra, « Peut-être parle t’il du LSD. » Je posai la question et Maharajji confirma d’un signe de tête.

La bouteille était dans la voiture et il m’envoya la chercher. De retour, je vidais son contenue dans ma main. En plus du LSD, il y avait d’autres pilules pour ceci ou celà – la diarrhée, la fièvre, un somnifère etc… Maharajji me posa des questions sur chacune d’elles.

Il demanda si elles donnaient des pouvoirs. Je ne compris pas tout de suite et je me dis qu’il voulait parler de force physique. Je lui répondis donc, « Non. »Bien sur, plus tard je compris que le mot qu’il utilisa, « Siddhis » se réfère au pouvoirs psychiques.
Il me tendit sa main pour recevoir le LSD, je mis une pilule. Chacune d’elles contenait prés de 300 microgrammes de LSD d’une grande pureté, une dose déjà largement suffisante pour un adulte. Il me fit signe de lui en donner plus, j’ajoutai une pilule, six cents microgrammes. Il en demanda encore, et je remis une pilule dans sa main. Cela faisait maintenant 900 microgrammes, certainement pas une dose pour les néophytes.
Puis d’un geste, il prit toutes les pilules et les avala d’un coup. J’étais dans un état de choc mélangé à la fascination du scientifique curieux de connaitre les résultats de cette expérience.

Je pu rester une heure auprès de lui et rien ne se passa. Rien du tout !

Il me souriait simplement.

Ram Dass aux pieds de Maharajji.

Ram Dass aux pieds de Maharajji.

Tout cela se passa rapidement et à l’improviste. Quand je suis retourné aux Etats-unis en 1968, je ne pus m’empêcher de raconter cette « orgie » d’acide à beaucoup de monde. Mais j’avais encore des doutes: peut-être  avait-il gardé les pilules dans sa main ou bien jeter par dessus son épaule ? Après tout, je ne les avais pas vu entrer dans sa bouche.

Trois ans plus tard, quand je fus de retour en Inde, il me demanda,  » M’avez vous donné le « médicament » la dernière fois que vous êtes venu en Inde? »

« Oui. »

« Et je l’ai avalé? » demanda t’il. (Il venait de manifester mes doutes!)

« Je pense que oui. »

« Et que ce passa t’il? »

« Rien du tout. »

« Oh! Jao! » et il me demanda de sortir.

Le jour d’après, on me convoqua sur le porche en face de sa chambre, ou il avait l’habitude de s’asseoir tous les matins sur un petit coussin.

« Avez vous encore de ce médicament? »

J’avais justement emmener avec moi une petite réserve de LSD « au cas où » et c’était justement l’occasion. « Oui« .

« Amène le » dit il.

Je fis ce qu’il me demandais, j’avais cinq pilules de trois cents microgrammes chacune. L’une d’entre elles était cassée. Je les mis dans ma main et lui tendit. Il prit les quatre pilules intactes, puis, une par une, les mit sur sa langue et les absorba de manière que je puisse tout voir. Une fois de plus il avait lu dans mes pensées.

Après l’ingestion des pilules, il demanda, « Puis je boire de l’eau? »

« Oui. »

« Chaude ou froide? »

« Peut-importe »

Il demanda de l’eau et en bu un verre.

Puis il demanda, « Combien de temps cela prend avant d’agir? »

« De vingt minutes à une heure, cela dépend. »

Il appela un vieille homme, disciple depuis longtemps et qui possédait une montre. De temps en temps Maharajji se saisissait de son poignée pour regarder l’heure .

Puis il demanda, « Cela va t-il me rendre fou? »

La situation était tellement bizarre qu’on aurait dit une sorte de gag.

Donc je lui répondis, « Oui probablement. »

Peu de temps après, il couvrit son visage avec une couverture pour un moment. Quand il se découvrit, ses yeux roulaient dans leurs orbites, sa bouche était entrouverte et il avait l’air totalement fou.
J’étais en colère. Que se passait-il ? Avais-je mal jugé ses pouvoirs ? Après-tout, c’était un vieil homme et je l’avais laissé prendre plus de mille deux cents microgrammes de LSD, une quantité énorme. Peut-être que la dernière fois, il les avait jeté en cachette mais qu’il avait maintenant essayé de me prouver quelque chose, sans se rendre compte de la puissance du « médicament ». Je me sentis anxieux et coupable à la fois.

Je regardais de nouveau dans sa direction et il était, cette fois,  parfaitement normal et en train d’observer la montre.Une heure plus tard, il était évident que rien ne s’était passé. Ses réactions étranges n’étaient que de la comédie.Puis il demanda, « Avez -vous quelque chose de plus puissant?« . Je n’en avais pas.

Il ajouta,  » Cette « médecine » était utilisée dans la vallée de Kulu il y bien longtemps. Mais les yogis on oublié ce savoir. Elle était utilisée avec un jeûne mais plus personne ne personne ne possède cette connaissance de nos jours. Pour la prendre sans avoir d’effet négatifs, ton être doit se fixer totalement sur Dieu. Mais bien sur, beaucoup de Saints ne prendraient pas cela, ils auraient bien trop peur. » Et il n’en parla plus…

Longtemps après, je lui demandais si je pouvais en reprendre, il me répondit: « Tu ne dois pas le prendre sous un climat trop chaud. Si tu es dans un endroit frais et paisible, que tu es seul et que ton mental est tourné vers Dieu, alors, seulement tu peux reprendre de la « médecine » du Yogi. »

Ram Dass  

(Source: RamDass.org)

Ram DassQui est Ram Dass ?

Né dans une importante famille juive de Boston, son père, George Alpert, fut un avocat réputé de Boston. Il a deux frères plus âgés. Il est titulaire d’une licence d’art de l’université de Tufts, d’un master de l’université Wesleyenne et d’un doctorat de l’université Stanford.

Il travaille en collaboration étroite avec Timothy Leary à Harvard où ils entreprennent tous deux des recherches sur les effets de la psilocybine et du LSD. Ils sont tous deux écartés de l’université en 1963 pour avoir donné de la psilocybine à un étudiant. Mais ils continuent leurs expérimentations dans un manoir privé dans le Millbrook, New York.

En 1967, il entreprend un voyage aux Indes dont il revient profondément marqué par le yoga et la méditation. Il rencontre et étudie avec le penseur spirituel Bhagavan Das qui lui fait rencontrer son guru Karoli Baba, aussi connu comme Maharaj-ji (Maharaja signifie Grand Roi et ji est un suffixe utilisé comme marque de respect). C’est Maharaj-ji qui lui donne le nom de Ram Dass (qui signifie servant de Rama) et l’instruit pour recevoir l’enseignement de Bhagavan Das.À son retour aux États-Unis en 1969, Alpert fonde plusieurs centres consacrés à la spiritualité. (source wikipédia)

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