Le Yoga moderne est il vraiment authentique ?

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Il y a deux ans, l. a. parution du livre de Marc Singleton aux USA à fait l’effet d’une bombe dans le petit monde du Yoga Yankee. Dans « Yoga Frame:The origins of recent postures apply » l’auteur rend compte de sa longue recherche sur les origines du Hatha-Yoga moderne.

Ses conclusions peuvent paraître provocatrices, mais le sérieux du personnage et les nombreuses preuves avancées dans son essai ne laisse plus l’ombre d’un doute: les formes modernes de Yoga comme le Asthanga, le Iyengar et le Bikram par exemple, bien loin d’être des formes traditionnelles seraient en fait, le fruit de l. a. rencontre entre l. a. tradition body Occidentale et l. a. custom Indienne.

Marc Singleton nous explique d’ailleurs où et remark s’est effectuée cette rencontre: en Inde au début du siècle.Ces arguments sont sourcés et l. a. démonstration si magistrale que nombre d’écoles américaines ont du, bon gré mal gré, effectuer une révision toujours douloureuse sur l’origine de leur custom et de leur lignée.

Il nous semble que ce travail n’a pas encore traversé l’Atlantique et reste méconnu dans notre can pay, c’est pourquoi nous avons décidé de traduire un court docket texte de Marc Singleton qui résume sa découverte. Néanmoins celles et ceux qui voudraient en savoir plus devraient se procurer son livre, pour l’quick seulement disponible dans l. a. langue de Shakespeare.

Voici un court docket extrait du livre de Marc Singleton.« Los angeles lumière du soleil pâle d’hiver brillait à travers les hautes fenêtres de l. a. bibliothèque de l’Université de Cambridge, éclairant l. a. couverture sombre d’un livre. Dans le corridor plein d’étudiants silencieux, je l’ouvris et parcouru les pages remplies d’pictures d’hommes et de femmes dans des positions familières.

Celle ci était l. a. pose du guerrier; il y avait là l. a. pose du chien assis. À cette web page, Utthita Padangusthasana; aux pages suivantes le Poirier, l’Équilibre, Supta Virasana et tout ce que vous pourriez vous attendre à trouver dans un manuel de yoga.

Pourtant l’auteur du livre n’avait pas été en Inde et n’avait jamais reçu d’enseignement sur les Asanas et son système, avec son structure, ses « blocages » abdominaux et ses sauts dynamiques dans des positions familières, ressemblaient étrangement au système de yoga Vinyasa que je connaissais si bien.

Le livre était en fait un traité de gymnastique du début du 20éme siécle ce qui aiguisa ma curiosité et me mena à faire des recherches plus approfondies. J’appris que ce système était une ramification d’une custom de gymnastique scandinave du XIXe siècle, qui avait révolutionné l. a. façon dont les Européens l. a. pratiquait.

Des systèmes basés sur le même modèle scandinave sont ensuite apparus partout dans l’Europe, et sont devenus l. a. référence pour l’entrainement body des armées, des marins et de nombreuses écoles. Ces systèmes ont fait leur chemin jusqu’en Inde. Dans les années 1920, selon une enquête effectuée par le YMCA indien, l. a. « Primitive Gymnastic » était une des formes les plus populaires dans le sous-continent, l. a. seconde était l. a. gymnastique suédoise originale développée par P.H. Bruyère. Ce fut à ce moment-là que l’embarras me gagna.

Alors ancien ou moderne?

Ce n’était pas ce que mes professeurs de yoga m’avaient enseigné. Au contraire, le Hatha Yoga est généralement présenté comme une pratique datant de milliers d’années, provenant des Vedas, les plus vieux textes religieux Hindous et non pas comme un hybride de custom indienne et de gymnastique européenne. L’histoire était clairement plus compliquée que ce que l’on m’ en avait dit .

Mes fondations étaient sérieusement secouées, c’est le moins qu’on puisse dire. Si je ne participais pas à une custom vintage et vénérable, alors que faisais je exactement ? J’étais soit l’héritier d’une pratique de yoga authentique, où le criminel inconscient d’une fraude globale!

J’ai passé les quatre années suivantes à faire des recherches fiévreuses dans les bibliothèques en Angleterre, aux États-Unis et en Inde, cherchant des indices sur l’origine du Yoga tel-que nous le connaissons. J’ai consulté des centaines de manuels de yoga et des milliers des pages de magazines. J’ai étudié les traditions « classiques » du Yoga, particulièrement du Hatha-yoga.

J’ai lu les commentaires des sutras du Yoga de Patanjali; les Upanishads et plus tard les tardives « Yoga Upanishads« ; les textes du Yoga médiéval comme les Goraksasataka, Hatha Yoga Pradipika et les textes des traditions Tantriques, qui tous seraient à l’origine du Hatha-Yoga.En fouillant ces textes primordiaux, il est devenu évident que les Asanas ne faisaient pas parti des éléments fondamentaux des anciennes traditions yogiques.

Les positions comme celles que nous connaissons aujourd’hui font parti des pratiques mineures (particulièrement dans le Hatha-yoga), mais n’en étaient sûrement pas l. a. composante principale. Ils étaient subalternes à d’autres pratiques comme le Pranayama (l’enlargement de l’énergie vitale au moyen du souffle), Dharana ( focus des facultés mentales)et le travail sur le Nada (le son).

Ni le bien-être ni l. a. santé par le health n’étaient leur however primary. Pour celà il faudra attendre l’explosion soudaine de l’intérêt pour le Yoga dans les années 20 et 30, d’abord en Inde puis en Occident. Quand les Asanas sont venus à l’Ouest!Le yoga commença à gagner de l. a. popularité à l’Ouest à l. a. fin du 19ème siècle. Mais c’était un yoga profondément influencé par les idées spirituelles et religieuses Occidentales, représentant à bien des égards un changement radical par rapport au Yoga populaire de l’Inde.

Los angeles première imprecise « de yogis d’exportation » dirigée par Swami Vivekananda, a en grande partie ignoré les Asanas et se concentra au lieu de cela sur le Pranayama, l. a. Méditation et l. a. pensée certain. Swami Vivekananda, très instruit et parlant anglais arriva sur les rivages américains en 1893 et eut un succès instantané auprès de l. a. haute société de l. a. Côte Est. Bien qu’il ait enseigné quelques postures, Vivekananda rejeta publiquement le Hatha-yoga en général et les Asanas en particulier.

Ceux qui sont venus de l’Inde aux États-Unis dans son sillage, ont souvent été enclins à répéter les jugements de Vivekananda . Ceci est en partie dû aux vieux préjugés des Indiens de caste supérieure comme Vivekananda contre les yogis, les « fakirs » et les mendiants de basse caste, qui s’exhibaient pour de l’argent dans les poses les plus étonnantes, mais aussi aux siècles d’hostilité et de raillerie dirigés vers ces groupes, par les colonialistes Occidentaux, les journalistes et les érudits Anglais. Ce n’est que dans les années 1920 qu’une model expurgée des Asanas commença à prendre de l’significance et devient une des caractéristique clé d’un yoga d’affect occidentale mais venant de l’Inde.

Cette découverte éclaircit quelques vieilles questions que je me posais. Au milieu des années 90, armé d’une copie de « Lumière sur le Yoga » , j’avais passé trois ans en Inde, beaucoup pratiqué mais j’ avais été frappé par l. a. difficulté de trouver un enseignant compétent. J’ai suivi des categories et des ateliers partout en Inde auprès de professeurs célèbres où non, et ceux ci s’adressaient,presque exclusivement, aux « pèlerins » et apprentis-yogis venus d’Occident. L’Inde n’était-elle pourtant pas l. a. Mère du yoga? Pourquoi n’y avait il pas plus d’Indiens pratiquant le Hatha-yoga ? Et pourquoi, malgré mes recherches, je ne pouvais pas trouver un seul tapis de yoga dans tout le can pay?

Construire des corps castle et solides.

Comme je continuais à fouiller dans le passé récent du yoga, les pièces de l’énigme se sont lentement rassemblées, dévoilant une huge partie du mystère: au début du 20ème siècle, l’Inde à l’symbol du reste du monde fut saisie par une ferveur sans précédent pour l. a. tradition body. Elle était d’ailleurs étroitement liée à l. a. lutte pour l’indépendance nationale. En ce temps on pensait qu’en formant des corps forts et sains on créerait une country plus area of expertise et cela améliorerait les probabilities de succès en cas d’une lutte violente contre les colonisateurs.

Une huge variété de systèmes d’exercices physiques surgit alors, mêlant les tactics Occidentales aux pratiques de disciplines indiennes comme l. a. Lutte. Souvent, le nom donné à ces disciplines prit le nom de « Yoga ».
Quelques professeurs, comme Tiruka voyagèrent déguisés en gourous et enseignèrent en secret le renforcement musculaires et les tactics de fight aux jeunes sympathisants de l. a. purpose nationale.

Le however de Tiruka était de préparer le peuple pour un soulèvement contre les Anglais. En se déguisant comme un ascète religieux, il évitait d’éveiller les soupçons anglais! D’autres professeurs, comme le nationaliste Manick Rao, créa une autre self-discipline mêlant l. a. gymnastique occidentale, l. a. musculation mêlées a des tactics Indiennes choisies pour le fight.

L’étudiant le plus célèbre de Rao était Swami Kuvalayananda (1883-1966), le professeur de yoga le plus influent de son époque. Pendant les années 1920, Kuvalayananda, avec son rival et gurubhai (« frère de gourou ») le Sri Lankais Yogendra (1897-1989), mélangèrent asanas et systèmes de tradition body indiens avec les dernières tactics de gymnastique Européennes et l. a. Naturopathie.

Avec l’aide du gouvernement indien, leurs enseignements furent diffusés largement et les Asanas, reformulés en tradition body et thérapie gagnèrent rapidement une légitimité dont ils ne jouissaient pas auparavant. . Bien que Kuvalayananda et Yogendra soient en grande partie inconnus à l’Ouest, leur travail est en grande partie l. a. raison pour laquelle nous pratiquons le yoga de cette façon aujourd’hui.

De nouveaux asanas.

L’autre determine influente dans le développement de l. a. pratique des asanas modernes dans l’ Inde du XXe siècle était, bien sûr, T. Krishnamacharya (1888-1989), qui a étudié à l’institut de Kuvalayananda au début des années 1930 et enseigna certains des professeurs de yoga les plus influents et les plus connus, comme B.Ok.S. Iyengar, Ok. Pattabhi Jois, Indra Devi et T.Ok.V. Desikachar.

Krishnamacharya était un fin connaisseur des enseignements traditionnels de l’Hindouisme, possédant des diplômes dans les six darshanas ( systèmes philosophiques de l’Hindouisme orthodoxe) et dans l’Ayurveda. Mais il était aussi ouvert à l. a. nouveauté et n’eut pas peur d’innover, comme en témoigne les nouvelles formes de pratique qu’il a développées pendant les années 1930.

Pendant son mandat comme professeur de yoga sous le grand modernisateur et enthousiaste de tradition body Krishnarajendra Wodeyar, le maharadja de Mysore, Krishnamacharya method une pratique d’ asanas dynamiques, destinée principalement à une jeunesse éprise de tradition body. C’était dans l’air du temps. C’était, tout comme le système de Kuvalayananda, un pot pourri culturel,un mariage du Hatha-yoga, d’exercices de lutte et de mouvements de gymnastique occidentale moderne mais qui ne ressemblait en rien à ce que l’Inde avait connu sous le nom de Yoga.

Ces expériences se sont finalement développées en plusieurs branches dont un taste qui devint fameux: leYoga Ashtanga Vinyasa, et qui charisma une affect énorme sur le développement du Yoga Américain principalement sous se formes, Asthanga, Vinyasa, Go with the flow et Energy Yoga.Ecole de Yoga de Krishnamacharya,ici debout sur le ventre d’un étudiant!
école de yoga de Krishnamacharya.

Il m’a très vite semblé clair que le Yoga que j’ai si longtemps pratiqué venait, en fait, d’une custom relativement moderne, avec des méthodes et des intentions différentes de celles attribuées aux asanas.Il suffit de lire attentivement les traductions de textes comme le Hatha Tattva Kaumudi, le Gheranda Samhita, ou le Hatha Ratnavali, pour voir qu’une grande partie du yoga qui domine l’Amérique et l’Europe a aujourd’hui changé, presque au-delà de l. a. reconnaissance, par rapport aux pratiques médiévales.

Les cadres philosophiques et ésotériques du Hatha-Yoga pré-moderne et le statut des asanas comme des postures pour l. a. méditation et le Pranayama, ont été vite mis sur l. a. touche en faveur de systèmes mettant au premier plan les mouvement de gymnastique, l. a. santé et le health et les préoccupations spirituelles de l’Ouest moderne. Mais cela fait-il du yoga que je pratique un yoga inauthentique?

Ce n’était pas une query anodine pour moi. Ma regimen journalière, pendant des années consistait à me lever avant l’aube, à pratiquer ensuite le yoga pour deux heures et demie et à rester assis toute l. a. journée pour mes études sur l’histoire du yoga et de sa philosophie. En fin de journée j’enseignais une classe de yoga, ou j’y assistais comme étudiant. Ma vie entière tournait autour du Yoga!

Je suis retourné à l. a. bibliothèque. J’ai découvert que l’Ouest avait développé sa propre custom de postures de gymnastique longtemps avant l’arrivée des pionniers du Yoga comme B.Ok.S. Iyengar.Une « gymnastique » souvent développée par et pour des femmes. Les américaines Cajzoran Ali et Genevieve Stebbins et des européennes comme l. a. dublinoise Mollie Bagot Stack étaient les premières héritières du XXe siècle de ces traditions appelées « mouvement harmonique« . Plus tard les systèmes de yoga nouvellement arrivés et basés sur les asanas furent le plus souvent interprétés à travers le prisme de ses « traditions » préexistantes.

Il n’y avait plus de doute dans mon esprit: les pratiquants du yoga moderne étaient bien plus les héritiers de leur arrières grand mères et de leur gymnastique harmonique que des yogis du Hatha-yoga médiéval. Et ces deux contextes étaient bien sûr très différents.

Entendons nous bien, ce n’est pas que les postures du yoga moderne viennent de l. a. gymnastique Occidentale (bien que ceci puisse parfois être le cas). Mais alors que de nombreuses pratiques syncrétiques se développaient, elles se retrouvèrent interprétées à l. a. lueur du mouvement harmonique Américain, de l. a. gymnastique Danoise et plus largement de l. a. tradition body occidentale. Ceci changea profondément l. a. signification et le sens du Yoga et engendra une toute nouvelle manière d’appréhender sa pratique . C’est cette « custom » dont beaucoup d’entre nous ont hérité.

Crise de doute!

Bien que je n’ai jamais cessé ma pratique quotidienne, j’éprouvais tout-de-même quelque selected similaire à une crise de doute . Le terrain solide sur lequel ma pratique reposait: –Patanjali, les Upanishads, les Vedas– semblât s’écrouler quand je découvris que l. a. vraie histoire de l. a. « custom du yoga » était bien différente de celle que l’on m’avait enseignée.Et si les origines traditionnelles invoquées par de nombreuses écoles se révèlent douteuses, cela fait-il d’elles des écoles illégitimes?

Au fil du temps, cependant, je finis par comprendre que se demander si une custom était authentique ou non n’était pas l. a. bonne query. Il serait facile de rejeter le Yoga moderne comme illégitime pour n’être pas pleinement fidèle à l’ vintage lignage. Mais cela serait faire fi de l. a. grande capacité d’adaptation du Yoga au cours des millénaires. Utiliser « l’authenticité« , comme une catégorie pour penser le yoga ne fonctionne pas, mais en dit en revanche, beaucoup sur nos insécurités modernes.

J’ai pensé que pour sortir de ce pretend débat, il faudrait songer aux pratiques modernes comme à de jeunes greffes sur le grand arbre du Yoga. Nos pratiques ont évidemment des racines dans l. a. custom indienne, mais ce n’est pas toute l’histoire. Penser au Yoga de cette façon, comme un arbre énorme et vénérable, aux nombreuses racines et branches n’est pas une trahison envers l. a. custom « authentique ».

Cela n’inspire pas non plus l’acceptation naïve de toutes les idioties qui se vendent sous le nom de Yoga. Au contraire! Cette façon de voir peut nous encourager à examiner nos pratiques et croyances plus étroitement et amener à l. a. clarté nécessaire pour naviguer sur les mers agitées et trompeuses du marché contemporain du Yoga!

Cela peut aussi changer le regard porté sur notre pratique, nous invitant à vraiment prendre moral sense de ce que nous faisons quand nous pratiquons le yoga et quel est son sens pour nous. Comme l. a. pratique elle-même, cette connaissance peut nous révéler, à l. a. fois, notre conditionnement ou notre vraie identité.

Au-delà de l. a. easy histoire par easy amour de l’histoire, apprendre du passé récent du yoga nous donne un bon level de vue pour jauger notre relation à l. a. custom, vintage et moderne. Mieux! C’est l’expression d’une vertu vraiment spirituelle et dont les temps modernes ont bien besoin: viveka (« discernement » ou « jugement juste »). Il peut aussi nous guider d’une manière consciente et mature vers le Yoga du 3éme millénaire »

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