Pratiquer en Inde: une petite liste d’ashrams qui valent le détour.

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On me pose souvent la question :  » Si je dois aller en Inde pour ma recherche spirituelle, dans quel ashram me rendre ?  » Répondre à cette question est délicat, car cela amène à faire des choix.

Cependant, il y a une sorte de consensus parmi les occidentaux qui connaissent bien l’Inde spirituelle, et je peux donner quelques indications à ce sujet, avec certes plus de détails pour la région où je vis.

Pour un panorama plus complet, on pourra se reporter par exemple au livre  » From here to Nirvana  » chez Bantam Books (Londres, New-York) par Jerry J. Jones.

Les visiteurs éventuels de ces différents lieux doivent comprendre la différence entre les grands ashrams, où on peut aller pour voir et se faire une idée, même si on n’a pas écrit auparavant, et les petits ashrams ou ermitages autour d’une personne donnée, où il vaut mieux avoir une forte motivation et une certaine expérience de méditation avant de s’y rendre et de prendre le temps d’un yogi qui, par ailleurs, est ermite et engagé dans sa propre sadhana.

Le contact avec une spiritualité différente, comme celle de l’Inde, permet de mieux prendre conscience de ses conditionnements, voire de ses propres mythes. Nos constructions culturelles sont comme des bâtiments : quand on les voit de l’extérieur on en apprécie mieux la forme générale et la situation. Cette connaissance entraîne une tolérance. L’intolérance vient souvent de l’ignorance. Bien des problèmes de rapports entre les religions se résolvent d’eux-mêmes quand on cesse de les considérer comme des idéologies, pour les vivre comme des sources de l’expérience intime. C’est en ce sens que j’ai été heureux d’écrire aujourd’hui sur  » l’Inde intérieure « . Le moteur commun de l’expérience mystique dans diverses traditions est l’amour et le renoncement : quand on se détache d’éléments culturels, certes au départ différents, on finit quand même par converger dans un espace commun. Ramana Maharshi disait  »  Les religions sont des fleuves, et l’océan dans lequel elles confluent, c’est le silence « 

  1. L’ashram qui se développe le plus autour d’un fondateur vivant en ce moment est celui d’Amma (Ma Amritanandamayi), une femme de 60 ans vivant au Kérala, entre la lagune et la mer. (En raison des nombreux scandales qui entourent ce personnage, qu’un groupe de disciples a appelé ‘Amritanandamayi’, nous ne pouvons recommander cet ashram. Pour plus de  détails, voir la page principale du  avec les textes que Jacques Vigne a écrits à ce sujet en 2015).
  2. Toujours au Kérala les occidentaux vont volontiers visiter un ashram beaucoup plus paisible, Anandashram, l’ashram de Ramdas près de Kanhangad dans le nord du Kérala à quelques kilomètres de la côte. Swami Satchidananda qui a plus de quatre-vingts ans a reçu le sannyas de Ramdas et succède à Mère Krishnabai. La pratique est la récitation du mantra de Ram, dont parle Ramdas si bien dans les  » Carnets de pèlerinage  » chez Albin Michel.

A quatre heures de train environ au sud de Mangalore, la gare étant Kanhangad. De là cinq ou six km par rickshaw jusqu’à l’ashram 

  1. L’ashram de Ramana Maharshi est à Tiruvanamalai, au Tamil Nadu. Il garde l’empreinte sereine du maître décédé en 1950, au pied de la montagne sacrée d’Arunachala et près d’un des plus grands temples dédié à Shiva de l’Inde. Les chercheurs spirituels qui sont là-bas font en général une sadhana par eux-mêmes. Les disciples directs de Ramana se font rares.

Ramanashram Tiruvanamalai Tamil Nadu. A la sortie de la ville, au pied de la colline d’Arunachala sur la route de Bangalore. Tiruvanamalai est à 150 km environ à l’ouest de Pondicherry. On y va par bus de Madras (6/7 heures), éventuellement de Bangalore ou de Salem, la gare sur la ligne Madras-Cochin 

Vu du pont de Ram à Rishikesh

  1. Dans le nord, ceux qui veulent pratiquer le yoga vont volontiers à Rishikesh. Bien qu’il y ait un grand nombre d’ashrams là-bas, les bons centres pour le hatha-yoga ne sont pas si nombreux. Citons cependant l’Himalaya Institute de feu Swami Rama qui donne un enseignement bien structuré. Swami Rama est connu pour avoir fait le pont entre Orient et Occident de multiples façons.

Swami Ram Ashram-Himalayan Institute near Ganga Kinare Hotel Rishikesk 249 201 UP. Sur les bords du Gange, à deux km en aval du centre ville. Les prix de journée sont un peu chers pour l’Inde, mais restent modérés pour une bourse française. Mieux vaut écrire avant pour connaître le calendrier des cours 

  1. Swami Nityananda est le successeur de Swami Jnanananda de Tapovanam au Tamil Nadu, qui était lui-même le maître spirituel du Père le Saux auteur autobiographique de « Un ermite du Satchidananda » : Nityananda est devenu un maître très respecté au Tamil Nadu, il participe aussi activement au dialogue monastique interreligieux : L’hôtellerie de l’ashram est à part dans un endroit très paisible :

 

  1. On m’a recommandé aussi le cours de Satchi à Yoga Niketan, près de Shivanandashram. Dans ce dernier lieu, on trouvera un ensemble d’activités et de discours religieux et une bonne bibliothèque, mais la qualité des cours de hatha-yoga varie avec celle du professeur qui les fait, et ils changent, c’est donc difficile de donner un avis. Les français se relieront volontiers à Swami Muktananda qui est québécois, il donne un enseignement typiquement non-dualiste ou à Shivajyoti, qui vient de Paris et est responsable des cours de HathaYoga pour les femmmes.

A trois km du centre-ville sur la rive droite du Gange. Si on veut résider, il est nécessaire d’écrire auparavant à Swami Jivanmuktananda, le General Secretary


Sinon les occidentaux sont les bienvenus à Ved Niketan, en traversant le Gange puis au fond à droite, la dernière grande bâtisse qui est bon marché et où il y a pratiquement toujours de la place.

  1. A quatre kilomètres au nord de la ville de Rishikesh, sur les bords du Gange, à Lakshman Jhula, il y a le petit centre de Vanamalai avec une vue splendide sur le fleuve et les montagnes. Ils prennent de tous petits groupes de débutants pour une initiation à l’hindouisme d’une semaine en résidentiel. Vu le nombre réduit de places, il vaut mieux écrire en avance.

Vanamalai ashram Tapovan Sarai PO (Laxman Jhula) Rishikesk UP à 200 m de l’embranchement de la route de Badrinath, en direction du pont de Laxman Jhula.

  1. Près de Dehra-Dun, à l’endroit où la Yamuna sort de l’Himalaya, se trouve le nouvel ashram de Chandra Swami, dont le livre majeur  » Le Chant du silence  » a été publié aux Editions du Relié. Il a longtemps vécu comme ermite sur une île au milieu des bras du Gange et répond aux questions seulement par écrit car il observe le silence. Il y a régulièrement des Français chez lui.

Chandra Swami Sadhana Kendra Village Domet PO Ashok Ashram Dst Dehra-Dun UP. Passer par Saharanpur quand on vient de Delhi (train rapide le matin) puis prendre la direction de Vikas Nagar (10 km avant l’ashram et de Khalsi après l’ashram). Ce dernier est juste sur les bords de la Yamuna, près du pont routier, à l’endroit où la rivière sort de l’Himalaya. Il y a quatre fois une heure de méditation pour tous chaque jour, la première séance étant à 4h30 du matin. On rencontre Swamiji pendant les repas qui sont l’occasion bien souvent de questions/réponses et pendant une période de  » darshan  » quotidienne. Mieux vaut écrire auparavant pour annoncer votre venue. Si vous n’avez pas de réponse, c’est que Swamiji n’est pas en voyage et donc vous pouvez y aller. 

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