Soyez authentic…comme tout le monde !

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Eva Ruchpaul, l’une des pionnières du yoga en France, a fondé en 1971 l’Institut Eva Ruchpaul où ont été formés plus d’un millier d’enseignants qui exercent en France et à l’étranger.

Afficher l’symbol d’origineSanté Yoga: Que pensez-vous du déferlement de toutes ces nouvelles formes de yoga ?

Eva Ruchpaul Les civilisations sont aux prises avec les phénomènes dus au nombre. Seule, los angeles quantité compte : dire combien on a d’élèves, qu’il s’agisse de yoga ou d’autre selected, combien on a gagné. Immeubles achetés, educate de vie font de vous un personnage necessary. Toutes les formes de sociétés pléthoriques engendrent le panurgisme : on courtroom où tout le monde va. Et puis, l’knowledge est manipulatoire : puissance des médias et mercantilisme endémique.

S.Y. Cette fièvre d’enlargement est-elle nouvelle ?

E.R.Non, de même que dans le cas des disciplines extrême-orientales. Les poussées cycliques sont banales, sans lendemains : il n’y a pas de stabilité dans los angeles clientèle. C’est, par exemple, dans les années 70 los angeles style des Tantras, pratiques à connotation pseudo sexuelle venues d’Amérique. Alors, sont publiés de grands articles dans los angeles presse et ont lieu des congrès internationaux, médecins en tête. De luxueuses installations ouvrent leurs portes sur les Champs Elysées. Le public visé par ce kind d’informations est certes très nombreux mais instable, momentané. Il semble logique qu’une certaine presse sache en profiter et remplisse ses colonnes avec les «nouveaux régimes», l’Aérobic de Jane Fonda. Qui sait encore aujourd’hui de quoi il s’agissait? Il me semble que les nouveaux yoga suivent les mêmes lines. Comme le dit l’ethnologue, auteur de polars, Fred Vargas : « Ici, comme partout, il y a beaucoup de têtes creuses qui ont vite fait de se remplir de n’importe quoi, si conceivable du pire. C’est ce que tout le monde préfère, le pire. On s’ennuie tellement ».

S.Y. Pourquoi ces lubies mystico gymniques s’appellent-elles yoga ?

E.R.Parce que le terme est vendeur actuellement. Maintenant, le phénomène se fera-t-il une position en France ? Sans doute, bien qu’il soit presque un peu tard. L’implantation américaine est déjà en voie de décadence. Mais une autre contagion viendra, qui passera elle aussi. Depuis son surgissement, environ 60 siècles avant J.C., les principes et « exercements » psychosomatiques issus de l’Inde ont connu des avatars multiples, ne serait-ce que leurs revêtements « religiositaires » : d’abord totalement laïques, hors croyances, ils ont revêtu les vertus brahmaniques, puis bouddhistes, puis tantriques, puis à nouveau… Indéfiniment semblables à travers les croyances. Ce n’est sans doute pas le mercantilisme de notre époque (Kali Yuga, l’ère de los angeles décadence selon los angeles custom gangétique) qui pourra avarier le yoga dans sa valeur fondamentale.

S.Y. Quel est aujourd’hui, dans le monde, le sens du yoga ?

E.R. Primaire a los angeles même racine que primordial… et que primate, restons modestes ! Le yoga enclot dans ses multiples formes une expérience comprenant un « exercement » group of workers, basé sur les données concrètes somatiques, en tout premier l’aisance respiratoire. Cet « exercement » demande de los angeles constance, une régularité soutenue, une totale absence de recherche de efficiency et une acceptation modeste des transformations possibles, y compris des changements de comportement caractériel dans l’lifestyles normale.

Les paramètres de tempérance, dans tous les axes, de gestion pratique et sturdy, d’absence d’ostentation, ne peuvent séduire notre contemporain dans sa formule actuelle d’Outre-Atlantique. Je ne crois pas que le kind d’expérience qui sévit actuellement aux Etats-Unis, en vastes troupeaux, pourra s’implanter durablement chez l’Européen. Peut être juste une flambée de curiosité, une visite éclair dans les salles chauffées à 40° afin de pouvoir en parler : être authentic (comme tout le monde !).

S.Y. Et quel est le sens du yoga « à l’américaine»?

E.R. Chercher los angeles contrainte punitive (los angeles violence enfin justifiée ?) pour expurger « le mal ». Se violenter, exsuder les poisons, et sortir purifié. Ce sont de vieux relents masochistes venus de déformations des religions judéo-chrétiennes. Souffrir pour mériter ? Et « Ahimsa », los angeles non violence indienne, où los angeles met-on ?

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