Voir avec le coeur un aveugle nous parle de lumiere

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Il était une fois, à Paris, entre les deux guerres mondiales, un petit garçon heureux. » C’est ainsi que l’aveugle Jacques Lusseyran start, à 29 ans, son autobiographie Et l. a. lumière fut. Le 19 septembre 1924, il ouvrait sur le monde des yeux qui voyaient. Il vécut une petite enfance heureuse, entre Paris et son Anjou natal, dans l. a. chaleur de l’amour de ses oldsters.

À sept ans et demi, il est rattrapé par son destin. Un coincidence le rend définitivement aveugle. Mais cela n’arrête aucunement son élan. « Les grandes personnes oublient toujours que les enfants ne protestent jamais contre les circonstances, à moins naturellement que les grandes personnes elles-mêmes soient assez folles pour leur apprendre à le faire. »

Lusseyran suivit toute sa scolarité avec ses camarades voyants. Il était doué pour les mathématiques et l. a. musique, mais se concentra sur l. a. littérature et l. a. philosophie. En 1940, il fut pris dans l. a. tourmente de l. a. guerre et trouva une nouvelle fois l. a. pressure d’effectuer un retournement intérieur. À dix-sept ans, il fonda un groupe de Résistance étudiant, « Volontaires de l. a. liberté », qui éditait un magazine clandestin : Le tigre. Le groupe, qui compta bientôt six cents membres, rejoignit en 1943 « Défense de l. a. France », un des cinq grands mouvements de l. a. Résistance.

Jacques devint alors membre du comité de course. Il entra aussi dans le comité de rédaction du magazine clandestin, qui tirait à 250 000 exemplaires, et assuma seul l. a. responsabilité de sa diffusion dans tout le can pay.Le 20 juillet 1943, il fut arrêté par l. a. Gestapo et, après plusieurs mois de captivité à Fresnes, déporté à Buchenwald en janvier 1944 avec deux mille autres Français.

Il n’y air of secrecy que trente survivants, qui seront libérés par les Américains le 18 avril 1945. Pour lui, cela aussi fut un miracle. Mais il avait l. a. certitude qu’il devait sa survie à sa faculté de percevoir l. a. lumière intérieure. L’admirable texte qui go well with est le compte rendu de cette merveilleuse découverte. Bonne lecture à tous !

« Los angeles découverte fondamentale, je l’ai faite dix jours à peine après l’coincidence qui m’a rendu aveugle. Elle me laisse encore ébloui. Je ne peux l’exprimer qu’en termes très directs et très forts : j’avais perdu mes deux yeux, je ne voyais plus l. a. lumière du monde, et l. a. lumière était toujours là.

Elle était là. Imaginez ce que cette marvel a pu être pour un petit garçon de moins de huit ans. C’est vrai, l. a. lumière je ne l. a. voyais plus hors de moi, sur les choses, mélangée aux choses et jouant avec elles ; et tout le monde autour de moi était convaincu que je l’avais à jamais perdue. Mais je l. a. retrouvais ailleurs. Je l. a. retrouvais au-dedans de moi et, ô merveille ! elle était intacte.

Ce dedans de moi, où était-ce ? Dans ma tête, dans mon cœur, dans mon creativeness ? Mais ne sentez-vous pas que de pareilles questions sont purement intellectuelles et dignes des seuls adultes qui ont déjà oublié l. a. parfaite simplicité et l. a. forme irrécusable des expériences vraies ? Pour moi qui avais huit ans et qui vivais au lieu de penser, l. a. lumière était là.

Sa supply n’avait pas été coupée. Je l. a. sentais jaillir à chaque minute, et gonfler et vouloir se répandre sur le monde. Je n’avais rien à faire pour qu’elle vienne à moi. Elle était là, inévitable. Elle était là tout entière et je retrouvais ses mouvements et ses nuances, c’est-à-dire ses couleurs que, quelques semaines plus tôt, j’aimais si passionnément.

C’était, vous le comprenez, une grande nouvelle, et d’autant plus grande qu’elle contredisait tout ce dont ceux qui ont des yeux sont persuadés. L’origine de l. a. lumière n’est pas dans le monde extérieur. Nous ne le croyons que par une phantasm commune. Los angeles lumière est là où se trouve l. a. vie : à l’intérieur de nous.

Il a fallu pourtant que je marche et que je trouve mon chemin entre les portes, les murs, les hommes et les arbres. Comme tout aveugle, il m’est souvent arrivé de me heurter. Mais j’ai très vite appris que je me heurtais seulement quand j’oubliais l. a. lumière. Si, au contraire, je l. a. regardais constamment, je courais beaucoup moins de risques. Et l. a. seconde grande leçon est venue presque aussitôt. Pour pouvoir regarder l. a. lumière intérieure, il n’y avait qu’un moyen : aimer.

Si j’étais pris de chagrin, si j’étais en colère, si j’enviais ceux qui avaient leurs yeux, si je me laissais aller à quelques rancunes ou quelques jalousies, aussitôt l. a. lumière diminuait. Parfois, elle s’éteignait tout à fait. Alors, je devenais aveugle. Mais l. a. cécité, c’était cela : ne plus aimer, être triste ; ce n’était pas avoir perdu les yeux.

Je vous parlais de découvertes. C’en était une, et si grande que toute une vie de faith et de moralité, bien souvent, ne suffit pas à l. a. faire faire aux autres.
Ici (il faut aussi le dire), j’ai european une likelihood exceptionnelle, celle d’avoir des oldsters qui aussitôt avaient compris. Jamais ni ma mère ni mon père ne se sont apitoyés sur mon type. Jamais ils n’ont prononcé devant moi le mot « malheur ».

Mon père, en particulier, qui savait ce qu’est l. a. vie spirituelle, m’a dit aussitôt : « Chaque fois que tu découvres quelque selected, dis-le. » Encore découvrir. Il avait raison. Il ne s’agit pas de consoler ceux qui perdent l. a. vue, ni ceux qui perdent quoi que ce soit – l. a. fortune, l. a. santé ou un être cher. Ce qu’il faut, c’est les amener à voir ce que cette perte leur apporte, les cadeaux qu’ils reçoivent à l. a. position de ce qu’ils ont perdu. Automobile il y a toujours des cadeaux. Dieu le veut ainsi. L’ordre se reconstitue. Rien, jamais, ne s’abîme.

Je le savais à huit ans, puisque j’avais retrouvé l. a. lumière. Los angeles cécité, dès ce second, allait devenir pour moi une expérience captivante et comme l’essai d’un nouveau mode de vie.Je ne pouvais plus lire avec mes yeux. Mais qu’importait puisque je dessinais les lettres et les mots, à l’intérieur de moi, sur un écran bien plus lumineux et plus massive que tous les tableaux noirs, et puisque j’apprenais, en quelques semaines, à les écrire à nouveau, en braille ?

Je ne voyais plus le soleil avec mes yeux, ni les plantes, ni les visages. Mais il suffisait que l. a. chaleur du jour vienne me frapper, qu’un arbre se dresse le lengthy du chemin et qu’une voix m’appelle, pour que tous ces êtres, toutes ces choses, immédiatement, se reforment sur l’écran intérieur.

Que restait-il donc à faire, sinon apprendre quelques ways simples, afin d’aller au-devant des problèmes pratiques – les seuls qu’il fût encore conceivable d’appeler des problèmes ? Apprendre à écrire en braille, à lire en braille de l. a. façon l. a. plus courante conceivable, à taper aussi à l. a. system à écrire ordinaire (automotive il faudrait pouvoir communiquer directement avec les voyants). J’ai fait tout cela (et ce fut une likelihood) très tôt dans l. a. vie : entre huit ans et dix ans.

 

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